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Hanumanasana

Les nuits sont semblables à de l’eau, elles constituent les “douches de l’âme”. Quand par chance je plonge dans un sommeil profond et long j’abandonne mon âme à un repos qui lave, astique, et désencombre chaque recoin d’une âme que je fatigue un peu trop le jour. Malgré la capacité mystérieuse du sommeil à faire table rase sur les événements et les tourments de la journée, il arrive encore que certains matins je me lève l’esprit agité et déjà dispersé - avant même d’avoir participé à la vie. Comment l’expliquer ? La réponse est dans la dissolution de la question ; ne pas forcement chercher la cause d’un état mais plutôt sa résolution, son apaisement. Alors je me lève, l’esprit morne sous un ciel accablant d’été. La joie du monde rend l’absence de la mienne insoutenable. Le vide se creuse.

Je ne me laisse pas le choix, ma Sadhana toujours inaugure le jour qui s’ajoute à ma vie, coûte que coûte, je dépose mon corps sur le tapis, prêt à m’avaler. Mon esprit se débat tandis que mes pensées surgissent d’un espace que je redoute en moi et je peine à respirer. Je respire tout de même, et de plus en plus longuement. Les pensées ne survivent pas à un souffle lent et maitrisé.

C’est Hanumasana qui m’a sauvée ce matin-là. Le saut du dieu-singe, espiègle et attachant, dévoué de Rama. C’est devant lui que je me prosterne ces dernières semaines. Meme si je tente de le fuir je l’entends qui me suit, de branche en branche. Les dieux ne nous laissent tranquilles qu’une fois notre leçon apprise. Et Hanuman est tenace.

Hanumanasa est la posture communément appelée “grand écart” (cette appellation fait fondre tout son charme). Elle représente le saut qu’Hanuman a accompli pour rejoindre le Sri Lanka et ainsi sauver Sita, qu’il ramène à son époux , Rama. Ce saut est le saut de la Foi. Dans cette histoire divine, Hanuman est rappelé de sa puissance illimitée , lui qui avait oublié sa vraie valeur à cause d’une malédiction qu’on lui a jetée. A partir du moment où Hanuman croit en sa capacité à rejoindre l’autre rive, son corps augmente en puissance, jusqu’à ce que le saut devienne réalité. Combien de rives n’avons-nous pas rejoint par manque de Foi en nos capacités ?

C’est tout ce qui manquait à mon matin : ma Foi était trop fine.


Il existe très peu de tourments au final. Si on décompose les maux de l’âme tout semble converger vers un point unique : un manque de Foi. Le manque de Foi crée un vide, un espace propice à l’agitation, à la dispersion, à la destruction. L’esprit sec, assoiffé de Foi, cherchera à se remplir, même s’il entrainera sa perdition ; question de survie. La Foi ne résout pas les problèmes mais elle atténue certainement la souffrance. Avoir la Foi c’est se rappeler que quoiqu’il arrive, nous baignons dans la douce lumière maternelle de Maa, notre Mère divine et qu’il n’y a aucun mal que son étreinte ne puisse apaiser.


Mon corps déposé en Hanumanasana, le regard vers une rive imaginaire, au-delà même du Sri Lanka, j’ai puisé en Dieu son nectar. Ma Foi a repris sa place en mon coeur et mon agitation n’a eu qu’à s’y soumettre. Tout passe. Les jours sont lavés par les nuits et les doutes exterminés par notre Foi, seule constante en notre existence.




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