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  • PETALS

du "plomb dans nos têtes ?"

Mis à jour : oct. 18

J’sais pas si c’est la terre qui tourne à l’envers ou bien si c’est moi qui m’fais du cinéma …

L’indignation me gagne. Deviendrais-je trop sensible ? La folie ne se perçoit-elle qu’avec du recul ou, pouvons-nous la détecter tandis qu’elle se déploie sous nos yeux ? Philo mag, comme à son habitude, vient éclairer mon esprit.

L’intention de l’ingénieur Elon Musk était, selon moi, pourtant fondée. Depuis des années Musk-le-milliardaire a exprimé sa crainte envers la présence croissante de l’Intelligence Artificielle (IA) qu’il juge comme étant “la plus grande menace existentielle.” Si certains voient la prolifération d’entités artificielles super-puissantes comme le signe de notre super-intelligence, nous les Hommes capables d’inventer des machines qui nous dépassent (et peut-être qui déjà nous échappent) ; j’y vois plutôt là un échec de notre humanité.


Bref. Je poursuis ma lecture en me disant qu’avec les moyens dont ce M. Musk dispose il va bien trouver une solution à ce problème ; histoire de ne pas sombrer un jour dans un déséquilibre, où les Hommes seront écrasés par leurs propres inventions.


Ce que je lis m’effraie davantage. La “seule solution”, d’après Musk (et je n’ai plus envie de l’appeler monsieur) est, non pas de contrôler, ni de limiter la production et l’usage de nos machines mais plutôt de concurrencer avec elles. Et comment ? En nous machinisant (je m’étonne que ce mot n’existe pas encore). Aux dernières nouvelles il s’agirait d’améliorer nos cerveaux grâce à des implants neuronaux afin de créer une “symbiose” avec l’IA.


La Yogini que je suis ne peux ignorer une telle aberration.

Plus que la colère (non pas contre Musk mais contre cette pensée et le fait qu’elle s’envisage pour beaucoup) c’est la tristesse qui m’envahit.

Qu’avons-nous fait de nous ?

Tryambakam s’invite à mon front.

Tryambakam fait référence au Shiva à trois yeux. La Tradition nous dit que si nous avons deux yeux pour regarder, un seul seulement nous permet de voir.


Shiva est double.

Shiva est à la fois le destructeur connu sous le nom de Rudra - ‘celui qui hurle’, et le guide tendre - celui qui compatit à la douleur d’autrui.

Shiva détruit avec grâce.


Et moi, comme Rudra (sous mon masque) je hurle. D’un hurlement silencieux et qui n’en finit pas. Comme Shiva, je me penche sur nous et pleure devant l’état de notre monde, devant l’oubli de notre grandeur. Avons-nous si peu confiance en notre puissance, en l’immensité de notre intelligence ? Le Yoga nous offre un chemin (il y en a d’autres !) vers SMARANA, le souvenir de ce que nous sommes. Vers le rappel de notre potentiel. Nous nous sommes perdus dans une course effrénée, dans des combats d’égos, dans des espoirs trompeurs. C’est à cause de cet oubli que nous cherchons l’aide à l’extérieur. C’est parce que nous doutons de la perfection de la nature que nous tentons de la dépasser. Quelle bêtise. Comment prétendre surpasser notre créateur ? Comment concurrencer avec Dieu (aucune attache religieuse ici) - avec ce qui nous a insufflé la vie et viendra nous la reprendre ?


Et si nous changions la direction et l’usage de notre énergie ? Et si, au lieu d’investir notre intelligence dans l’élaboration de machines qui nous déshumanisent, nous fournissions les efforts nécessaires pour développer nos talents, nos pouvoirs innés, notre intuition ?


Ne nous réduisons plus. Ne nous complaisons plus dans le succès illusoire d’une intelligence dépourvue d’âme. Comment pouvons-nous nous réjouir de ce qui pourra un jour être l’instrument de notre perte ? Notre destruction bien entamée, il est toutefois possible d’y remédier. D’annuler l’omnicide (quelle désolation que ce mot existe) en cours.

L’éveil est toujours une option.

Ne vous méprenez pas, je suis pour le progrès. Je suis pour l’avancée de la recherche, pour l’innovation, pour le changement. Pour tout ce qui pourra améliorer nos conditions de vie et participer à notre évolution individuelle et collective. Mais je m’opposerai toujours aux moyens déguisés qui en vérité renforcent l’idée que nous sommes incapables de nous suffire à nous-mêmes. J’écris ces mots parce que j’aime. Parce que je nous aime, dans notre faiblesse et notre bêtise. Je nous aime dans notre grandeur et dans l’oubli de celle-ci. Je nous aime dans notre intégralité et je réfuterai les arguments qui prônent la destruction d’un aspect de nous. Je nous aime entiers.


Mes larmes sont douces et ne souhaitent qu’accompagner.

J’invoque Shiva, paternel, et je suis à genoux.

J’invoque sa force dévastatrice, la dissolution de nos doutes


ce qui restera, tapie sous les ruines, mes amis,

c’est la Foi.


Photo d’un céphalophore ou ‘martyr chrétien portant sa tête’.

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